Corée : L'histoire insolite du Royaume-ermite

Dotée d’une histoire foisonnante oscillant entre des périodes de calme prospérité et des siècles d’oppression mitoyennes, la Corée a préservé une grande partie de ses richesses architecturales et culturelles grâce à un long et farouche isolement. Le visiteur peut en saisir toute la complexité au fil de sites pour la plupart distingués par l’Unesco.


Corée : L'histoire insolite du Royaume-ermite
La Corée a une histoire à nulle autre pareille. Elle fut si longtemps repliée sur elle-même pour échapper aux rivalités incessantes dans cette partie du monde, qu’on en vînt à l’appeler le royaume-ermite. Et de nombreuses légendes se sont mises à embellir une histoire déjà riche. La plus ancienne veut que le premier royaume Joseon ait été fondé au IIIe millénaire av. J.-C., par Dangun, qui aurait épousé pour cela un ours transformé en femme.

Au  Ier siècle av. J.-C., ses descendants se disputent le territoire, le scindant en trois royaumes dont les vestiges sont pour la plupart aujourd’hui inscrits au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Goguryeo au nord et Baekje au sud sont dominés, au VIe siècle par le troisième royaume, Silla. Sa capitale, Gyeongju, témoigne encore de la brillante civilisation qui naquit alors, et se maintint jusqu’en 935.
 
Au Xe siècle, le royaume de Goryeo, régime aristocratique, conduit le bouddhisme à son apogée dans la région et après lui, la dernière dynastie coréenne, Joseon, adopte le confucianisme comme religion d’État. Elle ouvre les portes à de fructueux échanges commerciaux avec les Chinois et les Arabes. Richesse qui ne manque pas d’attirer la convoitise des conquérants mongols voisins, qui rançonnent le pays pendant plus d’un siècle.

Au XVIe siècle, c’est le tour des Japonais d’envahir la péninsule, suivis par les Mandchous au XVIIe. C’est alors que le royaume décide de fermer ses portes sur l’extérieur, d’où, décidément, rien de bon ne survient jamais. Ainsi nait la légende du Royaume-ermite dont l’Occident entend parler pour la première fois au XIXe siècle seulement.
 
Ce sont les Japonais qui signent le premier accord de libre circulation portuaire, en 1876. C’est à la fois la fin de l’isolement et le début de nouvelles violations : chinoises, américaines, soviétiques, suivies de guerres intestines fratricides entre nord communiste et sud libéral.  Alors s’est manifestée la spécificité du caractère coréen. Laissé exsangue par les puissances étrangères, le pays s’est juré de devenir un des plus riches du monde, et il y a réussi.

Vestiges historiques inscrits à l’Unesco

Corée : L'histoire insolite du Royaume-ermite
Cette histoire pour le moins unique peut se lire au fil des sites inscrits au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.  Ils sont dix-sept, dont un qui célèbre la beauté naturelle du pays, à travers les formations volcaniques étonnantes de Jeju et sa flore qui bénéficie de l’incroyable fertilité de la lave. Six au Patrimoine documentaire et trois au Patrimoine intangible. Les sept autres sont historiques. 
Autour de Séoul, on a fouillé pas moins de quarante-deux sites funéraires qui retracent l’histoire de la dynastie Joseon du XVe au XXe siècle.
Dispersés dans tout le pays, d’autres merveilles attendent le visiteur, véritables livres d’histoire à ciel ouvert :
  • les dolmens de la préhistoire, la péninsule étant habitée depuis sans doute 500 000 ans ;
  • des grottes bouddhiques, témoins de l’essor de la période Silla et Goryeo ;
  • des sanctuaires confucianistes ;
  • des palais royaux, où se déploie tout l’art paysager de la dynastie Joseon ;
  • une forteresse militaire, acte de piété d’un roi en l’honneur de son père ;
  • des temples et bibliothèques sacrées, comme la Tripitaka Koreana conservée dans l’enceinte du temple Haeinsa ;
  • et des villages traditionnels réhabilités en écomusées.
Dans ces villages, comme Hahoe ou Yangdong, on peut admirer la délicatesse de l’architecture des demeures aristocratiques aux tuiles vernissées, encadrées des maisons à toits de chaume des paysans du XVIe siècle. De nombreux spectacles, danses, théâtre masqué, arts martiaux, plongent le visiteur dans l’ambiance ancestrale de l’époque Joseon.
 
Plusieurs musées nationaux et de nombreux musées privés abritent des chefs d’œuvre qui témoignent des 5000 ans d’histoire de la Corée. Il est indispensable d’en mettre quelques-uns au programme d’un voyage découverte pour mieux comprendre la spécificité du Pays du matin calme.

Séoul, la rose pourpre de Corée

Corée : L'histoire insolite du Royaume-ermite
Ville emblématique du royaume de Joseon depuis le XIVe siècle, Séoul est une métropole vibrante de dynamisme, qui a su équilibrer une croissance internationale affairée avec des oasis de sérénité orientale. Ici repose une clé du pays, aussi fier de ses traditions que de sa réussite.
 
Une jolie promenade est à faire dans la capitale en suivant les rives de la Cheonggyecheon. Entre nature et culture, la balade est l’occasion, au cœur de la ville, d’en saisir toute la complexité. Sérénité du fleuve arboré, vestiges historiques bien mis en valeur, fontaines rafraîchissantes, galeries d’art et allées gastronomiques, musées artisanaux, marchés chatoyants et centres commerciaux foisonnants pour adeptes du shopping.
 
Un itinéraire plus classique permet de suivre l’évolution de la capitale depuis le XIVe siècle, entre les anciennes fortifications, le palais Kyongbok, le musée national, les jardins de Changdokkung et le sanctuaire Chongmyo, en terminant par une excursion vers les sépultures royales du royaume Joseon.  Contraste contemporain, le parc olympique est devenu l'une des grandes attractions touristiques de la ville.

Gyeongju, autre rencontre historique à ne pas manquer

Corée : L'histoire insolite du Royaume-ermite
Gyeongju, ancienne capitale du royaume de Silla, regroupe un millénaire de monuments : les tombes royales remontant à sa fondation, une tour-observatoire datant du VIIe s., des pagodes, des jardins, et deux sites inscrits à l’Unesco : le monastère Bulguksa (VIe s.), et la grotte de Seokguram et son bouddha géant.  La visite est complétée par la découverte du village traditionnel aujourd’hui investi par des ateliers d’artisans.

Rédigé le Vendredi 18 Novembre 2011

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